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🏢 Multirisque professionnelle

Multirisque professionnelle : que couvre l'assurance de vos locaux ?

Garanties communes, exclusions courantes, capitaux et perte d'exploitation : ce qu'il faut savoir avant de signer, ou de relire son contrat.

✓ Locaux, matériel, stocks ✓ Exclusions comparées ✓ Perte d'exploitation dimensionnée ✓ Plusieurs partenaires comparés
Réponse courte. La multirisque professionnelle est un contrat unique qui assure les locaux d'une entreprise, leur contenu (matériel, mobilier, stock) et sa responsabilité civile d'exploitation contre l'incendie, les dégâts des eaux, le vol, les événements climatiques et les catastrophes naturelles. La perte d'exploitation, souvent en option, compense la marge perdue pendant l'arrêt. Aucune loi ne l'impose, mais le bail commercial l'exige souvent.
Sommaire de la page
  1. Qu'est-ce qu'une multirisque professionnelle ?
  2. Qui a besoin d'une multirisque professionnelle ?
  3. Quelles sont les garanties communes ?
  4. Quelles sont les exclusions communes ?
  5. Comment fixer les capitaux assurés ?
  6. Comment dimensionner la perte d'exploitation ?
  7. Quelles mesures de prévention l'assureur exige-t-il ?
  8. Quels points vérifier dans votre contrat ?
  9. Comment construisons-nous votre contrat ?
  10. Multirisque professionnelle : vos questions

Qu'est-ce qu'une multirisque professionnelle ?

La multirisque professionnelle, souvent abrégée MRP, regroupe dans un seul contrat plusieurs assurances qu'une entreprise devrait sinon souscrire séparément : l'assurance des biens (bâtiment, aménagements, matériel, marchandises), l'assurance de la responsabilité civile liée à l'exploitation des locaux, et l'assurance des pertes financières qui suivent un sinistre.

Elle ne remplace ni la responsabilité civile professionnelle, ni la multirisque habitation. Le tableau ci-dessous montre ce que chaque contrat couvre.

ContratCe qu'il couvreExemple de sinistre
Multirisque professionnelleLes biens de l'entreprise et la responsabilité liée à ses locaux et à son fonctionnement courantUn incendie détruit le stock d'une boutique ; un client glisse dans le magasin
RC professionnelleLes dommages causés aux clients par une erreur dans la prestation ou le conseilUn bureau d'études se trompe dans un calcul et son client perd de l'argent
Multirisque habitationLe logement privé, son contenu et la vie privée de la familleUn dégât des eaux dans l'appartement du dirigeant

Certaines compagnies vendent une multirisque qui inclut aussi la RC professionnelle. Lisez le tableau des garanties : la ligne « RC exploitation » ne couvre pas, à elle seule, l'erreur commise dans votre métier.

Pour qui

Qui a besoin d'une multirisque professionnelle ?

Toute entreprise qui occupe des locaux ou y conserve des biens : commerce, restaurant, atelier d'artisan, bureau, cabinet libéral, entrepôt. Le statut ne change rien : micro-entrepreneur, EURL ou SAS ont les mêmes besoins dès qu'il y a un local, du matériel ou du stock.

  • Locataire des locaux. Le bail commercial impose souvent d'assurer les risques locatifs (votre responsabilité envers le propriétaire), vos aménagements et votre contenu, et prévoit parfois une renonciation réciproque à recours entre bailleur et locataire. Relisez la clause d'assurance du bail avant de souscrire : c'est elle qui fixe le minimum.
  • Propriétaire des murs et exploitant. Le contrat assure alors aussi le bâtiment, en valeur de reconstruction.
  • Propriétaire des murs sans les exploiter. Le besoin relève d'une assurance de propriétaire non occupant ou d'une multirisque immeuble, pas de la multirisque de l'exploitant.
  • Entreprise qui emprunte. Le prêteur peut exiger l'assurance du bien financé (local, matériel).

Une activité exercée à domicile pose une question particulière : la multirisque habitation exclut souvent le matériel professionnel et l'accueil de clients. Il faut le déclarer à l'assureur et vérifier ce que le contrat prévoit.

Ce que couvre le contrat

Quelles sont les garanties communes ?

Les intitulés varient d'une compagnie à l'autre, mais les contrats du marché s'organisent autour des mêmes garanties. Certaines sont imposées par la loi dès qu'une garantie incendie est souscrite ; les autres se choisissent.

GarantieCe qu'elle couvrePoint à vérifier
Incendie, explosion, foudreDestruction ou détérioration des locaux et de leur contenuCapitaux par catégorie de biens
Tempête, grêle, poids de la neigeDommages climatiques. Garantie obligatoire dans un contrat qui couvre l'incendie (art. L. 122-7 du Code des assurances)Franchise propre, conditions sur l'état de la toiture
Catastrophes naturellesInondation, sécheresse, séisme reconnus par arrêté. Garantie obligatoire (art. L. 125-1)Franchise légale : pour les biens professionnels, 10 % des dommages matériels directs, avec un minimum de 1 140 € (annexe I de l'art. A. 125-1)
Attentats et actes de terrorismeGarantie obligatoire dans les contrats de dommages aux biens (art. L. 126-2)Rien à négocier, elle est incluse
Dégâts des eauxFuites, ruptures de canalisations, débordementsExclusion fréquente des infiltrations lentes et de l'humidité
Vol et vandalismeVol avec effraction, dégradationsProtections exigées, plafonds par catégorie, espèces
Bris de glaceVitrines, portes vitrées, enseignesPlafond au regard du coût réel des grandes vitrines
Dommages électriquesAppareils endommagés par une surtension ou un court-circuit d'origine externeSouvent plafonnée et soumise à une vétusté
Émeutes et mouvements populairesDommages causés lors d'émeutes. Exclus par la loi sauf clause contraire (art. L. 121-8)Présence de la clause, franchise, sous-limite
Responsabilité civile exploitationDommages causés aux tiers par l'entreprise, ses locaux, ses salariésPlafond par sinistre et dommages immatériels
Perte d'exploitationMarge brute perdue pendant l'arrêt qui suit un dommage garantiDurée d'indemnisation, franchise en jours
Frais supplémentairesDépenses pour continuer l'activité : local provisoire, location de matérielPlafond et durée
Perte de valeur du fonds de commerceClientèle perdue définitivement après un sinistreSouvent en option

Le bris de machines (panne interne d'un équipement) et les marchandises transportées ne font pas partie du socle : ils se souscrivent en extension ou en contrat séparé. Voir notre page bris de machines et notre article sur les marchandises transportées.

Ce que le contrat ne couvre pas

Quelles sont les exclusions communes ?

Une exclusion n'est valable que si elle est formelle et limitée (art. L. 113-1 du Code des assurances) et rédigée en caractères très apparents (art. L. 112-4). Elle figure donc en clair dans vos conditions générales. Les plus courantes sur le marché :

ExclusionCe qu'elle signifieSolution éventuelle
Faute intentionnelle ou dolosive de l'assuréUn dommage provoqué volontairement n'est jamais assuré (art. L. 113-1)Aucune
Usure, vice propre, défaut d'entretienLa dégradation lente ou prévisible n'est pas un événement aléatoire (art. L. 121-7)Entretien documenté
Guerre, émeutes sans clause contraireExclusion légale de l'art. L. 121-8Clause émeutes et mouvements populaires
Panne ou casse interne d'une machineLa multirisque couvre l'événement extérieur, pas la défaillance interneBris de machines
Atteintes informatiquesRançongiciel, perte de données : exclusion souvent expliciteContrat cyber
Vol sans effraction, ou protections non respectéesLe vol n'est garanti que dans les conditions du contratRespecter les protections déclarées
Espèces et valeurs au-delà du plafondPlafond souvent bas, coffre parfois exigéExtension espèces et valeurs
Biens laissés en plein airStock ou matériel stocké à l'extérieurDéclaration et extension
Biens confiés par des tiers non déclarésDépôt-vente, matériel d'un clientGarantie des biens confiés
Marchandises en cours de transportHors des locaux déclarésContrat marchandises transportées
Pollution progressive, amianteDommages lents ou risques spécifiquesContrats dédiés
Amendes et sanctionsNon assurablesAucune

Cette liste est indicative : chaque contrat a ses propres exclusions, et certaines compagnies rachètent celles que d'autres maintiennent. La comparaison se fait sur les conditions générales, pas sur la brochure.

Les capitaux

Comment fixer les capitaux assurés ?

Le capital assuré est le montant maximal que l'assureur versera pour une catégorie de biens. Il se fixe catégorie par catégorie :

  • Bâtiment (si vous en êtes propriétaire) : en valeur de reconstruction, et non en valeur d'achat.
  • Aménagements et embellissements réalisés par le locataire : à leur coût de remplacement.
  • Matériel et mobilier : en valeur à neuf ou en valeur d'usage (vétusté déduite) selon le contrat. La part « valeur à neuf » est souvent versée après le remplacement effectif du bien.
  • Marchandises : au prix de revient, sur la base du stock en période haute et non du stock moyen.

Un capital trop bas déclenche la règle proportionnelle de capitaux (art. L. 121-5 du Code des assurances) : l'indemnité est réduite dans le rapport entre la valeur déclarée et la valeur réelle. À titre d'exemple : un stock réel de 80 000 € assuré pour 40 000 €, un dégât des eaux de 20 000 €, une indemnité de 10 000 €. Certains contrats prévoient une tolérance ou renoncent à cette règle sous conditions : c'est un point à négocier.

L'avis du courtier

« Mon conseil prioritaire : des capitaux assurés bien dimensionnés, et une garantie perte d'exploitation bien dimensionnée elle aussi. »

Romann Cabral-Vieira, courtier en assurances, fondateur de CV Courtage & Conseil

Un contrat à faire relire ? Envoyez vos conditions actuelles : le cabinet compare plusieurs compagnies et vous répond sous 72 heures ouvrées.

Le point décisif

Comment dimensionner la perte d'exploitation ?

Le contrat rembourse les biens détruits. Pendant la reconstruction, les salaires, le loyer et les crédits continuent : c'est la perte d'exploitation qui les finance. Elle indemnise la marge brute perdue, c'est-à-dire le chiffre d'affaires diminué des charges qui disparaissent avec l'arrêt (achats consommés, par exemple). Trois réglages en décident.

RéglageQuestion à se poserRisque si mal réglé
Marge brute déclaréeCorrespond-elle au dernier exercice et à la croissance prévue ?Règle proportionnelle : indemnité réduite
Durée d'indemnisationCombien de temps pour reconstruire et retrouver ses clients ?Fin de l'indemnisation avant le redémarrage
FranchiseCombien de jours d'arrêt l'entreprise peut-elle absorber ?Petits arrêts non indemnisés

La garantie frais supplémentaires complète la perte d'exploitation : elle paie ce que vous dépensez pour continuer à travailler (local provisoire, location de machines, livraisons en urgence). Une fermeture sans dommage à vos locaux (accès interdit, rue bouclée, fournisseur sinistré) n'est indemnisée que si le contrat comporte une extension de carence ou d'interdiction d'accès.

L'avis du courtier

« L'erreur que je vois le plus souvent : les clients ne savent pas si leur contrat comporte une garantie perte d'exploitation ou frais supplémentaires. Et quand elle existe, ils n'en connaissent ni l'étendue ni les limites. »

Romann Cabral-Vieira, courtier en assurances, fondateur de CV Courtage & Conseil

Le choix de la durée, avec un exemple de calendrier de reconstruction, est détaillé dans notre article sur la durée d'indemnisation de la perte d'exploitation.

Prévention

Quelles mesures de prévention l'assureur exige-t-il ?

Les conditions particulières listent les protections que vous vous engagez à maintenir. Si elles ne fonctionnent pas le jour du sinistre, l'assureur peut réduire ou refuser l'indemnité, selon ce que prévoit le contrat. Les plus fréquentes :

  • serrures de sûreté, rideau ou grille métallique, alarme parfois reliée à un télésurveilleur ;
  • extincteurs vérifiés chaque année, installation électrique contrôlée, avec un rapport de vérification pour les risques importants ;
  • coffre pour les espèces au-delà d'un certain montant ;
  • stockage des produits inflammables à l'écart.

La déclaration du risque compte autant. Une fausse déclaration intentionnelle entraîne la nullité du contrat (art. L. 113-8 du Code des assurances), une omission de bonne foi réduit l'indemnité (art. L. 113-9). Un changement d'activité, de surface ou de stock se déclare dans les 15 jours (art. L. 113-2).

À faire dès maintenant

Quels points vérifier dans votre contrat ?

  • Les capitaux par catégorie correspondent-ils à la valeur actuelle de vos biens, stock en période haute compris ?
  • Le matériel est-il assuré en valeur à neuf ou en valeur d'usage ?
  • La perte d'exploitation existe-t-elle, sur quelle durée, avec quelle franchise en jours et quelle marge brute déclarée ?
  • Les frais supplémentaires sont-ils garantis, et jusqu'à quel montant ?
  • La garantie émeutes et mouvements populaires figure-t-elle au contrat ?
  • Les protections vol exigées sont-elles celles que vous avez réellement ?
  • Les biens confiés, le matériel hors des locaux et les marchandises en transit sont-ils couverts ?
  • Les plafonds de responsabilité civile sont-ils cohérents avec votre activité et vos clients ?

En cas de sinistre, la déclaration se fait dans le délai du contrat, au minimum 5 jours ouvrés et 2 jours ouvrés pour un vol (art. L. 113-2), et dans les 30 jours qui suivent la publication de l'arrêté pour une catastrophe naturelle. Après des dégâts en marge d'une manifestation, voir notre article commerce pillé ou vandalisé : ce que paie l'assurance.

Cette page donne une information générale. Le conseil sur votre propre contrat suppose l'analyse de vos conditions générales et particulières et de votre situation.

Notre méthode

Comment construisons-nous votre contrat ?

1

Vos locaux et votre bail

Surface, construction, activité, obligations d'assurance prévues au bail.

2

Vos capitaux

Bâtiment, matériel, stocks et marge brute, à partir de vos derniers comptes.

3

La comparaison

Mêmes capitaux et mêmes garanties chez plusieurs partenaires, franchises et exclusions côte à côte.

4

Le suivi

Mise à jour des capitaux après chaque exercice de croissance ou investissement.

Questions fréquentes

Multirisque professionnelle : vos questions

Combien coûte une multirisque professionnelle ?
Le prix dépend de l'activité, de la surface, de la construction, des capitaux assurés, des protections, de la sinistralité passée et des options retenues, en particulier la perte d'exploitation. Deux commerces de même taille peuvent payer des primes très différentes : un tarif annoncé sans ces éléments ne vaut pas devis.
Mes stocks chez un logisticien sont-ils couverts ?
Pas nécessairement : le contrat couvre en général les biens situés dans les locaux déclarés. Des stocks chez un tiers ou en transport demandent une extension ou un contrat marchandises transportées.
Le propriétaire des murs doit-il aussi s'assurer ?
Oui, pour le bâtiment et sa responsabilité de propriétaire, par une assurance de propriétaire non occupant ou une multirisque immeuble. Le bail prévoit souvent une renonciation réciproque à recours entre les deux assureurs : vérifiez que les deux contrats en tiennent compte.
Puis-je résilier ma multirisque professionnelle en cours d'année ?
La résiliation à tout moment après un an (loi Hamon) concerne les contrats souscrits par des particuliers pour leurs besoins privés. Un contrat professionnel se résilie en principe à l'échéance annuelle, avec un préavis de deux mois (art. L. 113-12 du Code des assurances), sauf clause plus favorable.
Que se passe-t-il si mon activité change ?
Un changement d'activité, de surface, de stock ou de protections peut aggraver le risque. Il se déclare à l'assureur dans les 15 jours qui suivent le moment où vous en avez connaissance (art. L. 113-2 du Code des assurances). À défaut, l'indemnité peut être réduite, voire refusée.
Mon activité à domicile est-elle couverte par ma multirisque habitation ?
Souvent non, ou de façon limitée : beaucoup de contrats habitation excluent le matériel professionnel, les marchandises et l'accueil de clients. Déclarez l'activité à votre assureur habitation et demandez ce qu'il couvre ; une extension ou une multirisque professionnelle peut être nécessaire.

Pour aller plus loin

Sources

Par Romann Cabral-Vieira, courtier ORIAS 26000465, fondateur de CV Courtage & Conseil · parcours · Mis à jour le 19/10/2026

Vos capitaux et votre perte d'exploitation sont-ils à jour ?

Envoyez-nous vos conditions générales et particulières et vos derniers comptes avec le questionnaire professionnel. Nous vous indiquons ce que couvre votre contrat, ce qu'il exclut et ce qui manque. Réponse sous 72 heures ouvrées.

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