Étude de risque
Quels points structurent la tarification ?
L'éolien est un risque industriel : la qualité de l'exploitation compte autant que la machine elle-même. Voici ce qui est examiné, dans l'ordre.
1. Le contrat de maintenance
Un contrat standard prévoit l'entretien courant sans prise en charge du bris d'équipement : l'assureur porte alors l'intégralité du risque machine. Un contrat full service ajoute la prise en charge des équipements, la main-d'œuvre et des garanties de disponibilité : une partie substantielle du risque reste chez le mainteneur. L'écart de prime est important, et l'échéance du contrat compte autant que son type : un full service qui s'achève dans six mois ne rassure personne.
2. Le parafoudre
La foudre est le premier générateur de sinistres sur un parc éolien : une pale est, par construction, le point le plus haut du paysage. La conformité du système de protection à la norme NF EN IEC 61400-24 est vérifiée systématiquement. Son absence ne ferme pas la porte, mais elle se paie.
3. La décomposition des capitaux
Le capital déclaré doit être ventilé : éoliennes d'une part, poste HTB d'autre part, génie civil et électrique, le Balance of Plant : en troisième. Ces trois postes n'ont ni le même profil de sinistre ni le même délai de reconstitution. Un transformateur HTB peut demander douze à dix-huit mois de délai de fabrication, ce qui pèse directement sur la période d'indemnisation en perte de recettes.
4. Le mécanisme de rémunération
Complément de rémunération, CPPA avec un consommateur privé, UPPA avec un distributeur, ou vente au prix SPOT sur le marché libre : le mode de valorisation détermine l'assiette de la perte de recettes et sa volatilité. Un parc en marché libre n'a pas le même profil de perte qu'un parc sécurisé par un prix fixe garanti.
5. Le stock de pièces détachées
Un stock sur site raccourcit mécaniquement la durée d'immobilisation, donc la perte de recettes. Sa valeur doit être déclarée, et il constitue un argument tarifaire réel : c'est l'un des rares moyens directement actionnables par l'exploitant.
6. La sinistralité sur cinq ans
L'éolien se regarde sur cinq ans, pas deux : les cycles de défaillance des multiplicateurs et des génératrices s'étalent sur cette durée. Le relevé du précédent assureur est systématiquement demandé, avec la date de survenance, la nature et le montant de chaque sinistre.
7. Les particularités d'exploitation
Machines de puissances différentes sur un même parc, servitudes, bridage lié à la faune ou au bruit : ces éléments modifient la production attendue et donc l'assiette de la perte de recettes. Les taire conduit mécaniquement à une sous-assurance.
Au-delà de 120 mètres de hauteur de mât, l'éolienne terrestre entre dans la catégorie des ouvrages de grande hauteur au sens des conditions de garantie construction. Cela ne concerne pas l'exploitation courante, mais devient déterminant si vous assurez la phase de montage ou d'extension du parc.