Une installation photovoltaïque n'est pas un équipement comme un autre : elle est exposée à la grêle, à la foudre, au vol de modules et à l'incendie d'onduleur, et elle porte un revenu. Six critères décident de son éligibilité — avant même qu'on parle de tarif.
Avant le tarif, l'éligibilité
La plupart des lignes d'assurance discutent d'abord du prix. Sur le solaire, la première étape est binaire : l'installation entre dans le cadre, ou elle n'y entre pas. Autant le savoir avant de perdre trois semaines.
Grêle, tempête, foudre, incendie, vol de modules et d'onduleurs, vandalisme. Indemnisation en valeur de remplacement à neuf des panneaux, onduleurs, structures porteuses et raccordements.
Compensation du manque à gagner pendant l'immobilisation, calculée sur la production attendue et le tarif de rachat ou le prix du contrat de vente. Sans elle, l'arrêt d'une centrale n'est indemnisé que sur le matériel.
Un incendie parti d'un onduleur se propage au bâtiment support et au voisin. Cette garantie couvre les conséquences pécuniaires de votre responsabilité, avec des capitaux généralement calés à 500 000 € ou 1 000 000 €.
Étude de risque
Ces critères ne sont pas des préférences commerciales : ce sont des conditions d'acceptation. Une seule réponse défavorable suffit à fermer la porte chez la plupart des porteurs du marché.
Sans contrat de maintenance annuel, le risque n'est pas pris. La maintenance attendue est précise : inspection visuelle des modules, contrôle de la corrosion, état des câbles, connexions et coffrets, resserrage des connectiques et des bornes sur les tableaux électriques, nettoyage des locaux électriques et onduleurs, maintenance des onduleurs selon les prescriptions du fabricant. Un simple nettoyage des panneaux ne répond pas à cette définition.
L'installation doit avoir fait l'objet d'une attestation du CONSUEL ou d'un bureau de contrôle technique, confirmant sa conformité aux règles UTE C15-712-1. C'est le document qui atteste que le raccordement a été fait dans les règles. Son absence est éliminatoire.
Trois technologies sortent du cadre des offres standard : les membranes souples, les installations aérovoltaïques — qui produisent à la fois de l'électricité et de la chaleur — et les installations flottantes exploitées sur un plan d'eau. Elles ne sont pas inassurables en absolu, mais elles relèvent de marchés spécialisés, avec des délais et des tarifs sans rapport.
Dès que la société qui exploite les panneaux et celle qui possède le bâtiment support sont distinctes — cas très fréquent en agricole et en industriel — le bail ou une convention doit contenir une renonciation à recours réciproque étendue aux assureurs. Sans cette clause, le risque est refusé. C'est un point juridique, pas technique, et il se règle en amont chez le notaire ou le rédacteur du bail.
Le panneau est sur le toit, mais le risque est en dessous. Trois activités ferment la porte : la collecte, le tri ou le traitement des déchets, la distillation ou le stockage d'alcool pur, la fabrication ou l'entreposage de produits inflammables ou explosifs. En agricole, le stockage de fourrage, de céréales ou de paille sur plus de 10 % de la surface du bâtiment, ainsi que l'élevage intensif de volailles, lapins ou porcs, ont le même effet. D'autres activités — travail du bois, ICPE, traitement de surface — restent possibles mais changent la tarification.
Deux exigences non négociables : une étude géotechnique, idéalement certifiée G2 AVP, et un débroussaillement régulier du site et de ses abords. La première prévient le basculement des structures, la seconde l'incendie de végétation. S'y ajoutent, pour le vol, la clôture complète du site, le gardiennage et la télésurveillance reliée à un organisme certifié APSAD.
Vos questions
Type d'installation, puissance, maintenance, activité du bâtiment : dix minutes suffisent pour savoir si votre projet passe, et chez qui.