Étude de risque
Qu'est-ce qui rend un dossier drone acceptable ?
Le marché du drone professionnel est structuré autour de la réglementation européenne. Les critères d'acceptation en découlent directement, et ils sont plus mécaniques que sur d'autres branches.
1. La formation des télépilotes
C'est la condition préalable absolue : les télépilotes doivent être titulaires des formations requises, en cours de validité, pour les appareils qu'ils pilotent. Un certificat expiré équivaut à une absence de formation. Sans cela, le risque est exclu de la souscription : il n'y a pas de discussion tarifaire possible.
2. Le scénario de vol déclaré
Catégorie ouverte, ou catégorie spécifique sous scénario standard STS-01 (en vue) ou STS-02 (hors vue) : chaque scénario porte un profil de risque distinct. La catégorie certifiée, qui vise les opérations les plus exposées, sort du cadre des offres standard et relève d'un marché spécialisé.
3. La masse maximale au décollage
La MMD (masse de l'appareil et de ses dispositifs de sécurité) est le second critère mécanique. Les plafonds usuels du marché sont de l'ordre de 8 kg pour un vol sous contrôle d'un télépilote, et de 2 kg dès lors qu'il s'agit d'un vol autonome ou d'un scénario STS-02. Au-delà, l'énergie cinétique en cas de chute change de catégorie, et le dossier aussi.
4. Le vol hors vue et l'autonomie
Deux questions complémentaires : les vols hors vue représentent-ils plus de la moitié de votre activité, et vos drones autonomes évoluent-ils à plus de 2 km du point de décollage ? Ces deux seuils font basculer le dossier hors des offres courantes. Ce n'est pas une interdiction, c'est un changement de marché.
5. Les dispositifs de sécurité
Limitation d'altitude barométrique, retour automatique et atterrissage autonome, dispositif de failcrash en cas de sortie de zone ou de perte de liaison, parachute, airbag ou rotor contrarotatif : chacun réduit la sinistralité et se traduit dans le tarif. Sur un parc de plusieurs appareils, ils sont examinés machine par machine.
6. L'usage réel
Relevés photographiques, observation et surveillance aérienne, thermographie : ce sont les usages standard. Le traitement agricole et la lutte contre l'incendie sont en revanche exclus des offres courantes. En vol intérieur, les bâtiments vides et industriels et les salles de spectacle sans public sont admis ; les musées, monuments historiques, châteaux et églises ne le sont pas : la valeur du contenu y est sans commune mesure avec la prime.
Le piège du périmètre déclaré. Un exploitant assuré en catégorie ouverte qui accepte une mission en STS-02 vole, ce jour-là, sans couverture. Le contrat suit le scénario déclaré, pas la mission acceptée. Avant d'accepter un chantier qui sort de votre cadre habituel, vérifiez votre attestation, ou faites-la étendre.