La multirisque professionnelle couvre l'incendie, le dégât des eaux, le vol. Elle ne couvre pas la casse interne : erreur de conduite, court-circuit, défaut de lubrification, corps étranger, survitesse. C'est un contrat distinct, et c'est souvent celui qui manque au moment où il faudrait.
La frontière avec la multirisque
La MRP répond à un événement extérieur qui atteint le bien. Le bris de machines répond à un dommage né de l'intérieur, du fonctionnement même de la machine. Les deux contrats sont complémentaires, pas concurrents.
Casse mécanique ou électrique d'origine interne, erreur de manipulation, défaut de lubrification, corps étranger, court-circuit, survitesse. Indemnisation en valeur de remplacement à neuf lorsque le capital a été correctement déclaré.
Location d'un matériel de remplacement, heures de main-d'œuvre additionnelles, surcoût de sous-traitance : les dépenses engagées pour continuer à produire pendant la réparation, sur une période d'un an après le sinistre.
Indemnisation de la marge brute que l'arrêt vous fait perdre. C'est la garantie la plus mal dimensionnée du marché, faute d'avoir posé les bonnes questions au moment de la souscription.
Étude de risque
Un questionnaire bris de machines tient en trois pages. L'essentiel se joue sur quatre nombres, et l'expérience montre que presque personne ne sait donner le troisième.
Il ne s'agit ni de la valeur comptable, ni de la valeur d'achat, ni de la valeur vénale : c'est la somme des valeurs de remplacement à neuf de chaque machine, aujourd'hui. Une presse achetée 80 000 € en 2016 et facturée 130 000 € neuve aujourd'hui doit être déclarée à 130 000 €. Sous-déclarer, c'est s'exposer à la règle proportionnelle de capitaux : si vous êtes assuré pour la moitié de la valeur réelle, vous serez indemnisé de la moitié du sinistre, même partiel.
Au sens de l'assurance perte d'exploitation, la marge brute est la différence entre les produits liés à l'activité et les charges dites variables — celles qui disparaissent avec le chiffre d'affaires en cas de sinistre : matières premières, matières consommables, emballages, marchandises, sous-traitance, transports. Ce n'est pas la marge brute comptable. En pratique, le compte de résultat avec le détail des comptes 61 et 62 permet de la reconstituer.
C'est le chiffre décisif, et celui que presque aucun dirigeant ne sait donner. Il exprime la part de votre chiffre d'affaires qui s'effondrerait si les machines assurées s'arrêtaient totalement. Une imprimerie dont toute la production passe par deux presses est à 90 ou 100 %. Un atelier de mécanique où la machine assurée ne représente qu'une ligne parmi six est peut-être à 20 %. Ce pourcentage multiplie la marge brute pour donner le capital à garantir : se tromper dessus, c'est se tromper sur toute la garantie.
Combien de temps durerait l'arrêt en cas de sinistre grave ? La réponse n'est pas le délai de réparation : c'est le délai de retour au niveau d'activité antérieur, délai d'approvisionnement de la machine compris. Sur un équipement spécifique importé, douze mois sont souvent insuffisants. Sur une machine standard disponible en stock, six peuvent suffire. C'est une question de délai fournisseur, pas d'optimisme.
Vos questions
Famille de machines, valeur à neuf, marge brute : le questionnaire cadre l'essentiel. Nous vous aidons à établir le pourcentage de contrôle si vous ne l'avez jamais calculé.