Réponse courte. Le bris de machines couvre les dommages d'origine interne d'une machine (panne mécanique ou électrique soudaine, court-circuit, surtension, erreur de conduite, corps étranger), que la multirisque professionnelle ne couvre pas. L'usure normale et l'entretien courant restent exclus. La valeur du contrat tient à la base d'indemnisation (valeur à neuf ou vétusté déduite), à l'extension perte d'exploitation, aux frais supplémentaires et à la franchise. L'assureur demande la valeur à neuf du parc, la marge brute, le pourcentage de contrôle et la période d'indemnisation.
Sommaire de l'article
  1. Multirisque ou bris de machines : quelle différence ?
  2. Quels équipements sont concernés ?
  3. Quelles clauses font la valeur du contrat ?
  4. Qu'est-ce qui reste toujours exclu ?
  5. Quels chiffres l'assureur demande-t-il ?
  6. Comment évaluer si la garantie est rentable ?

Une entreprise assurée en multirisque professionnelle croit son outil de production couvert. Il ne l'est souvent qu'en partie : la multirisque ne couvre pas la panne interne de la machine.

La distinction tient en une phrase : la multirisque couvre ce qui arrive à la machine, le bris de machines couvre ce qui arrive dans la machine.

Multirisque ou bris de machines : quelle différence ?

Multirisque professionnelleBris de machines
Origine du dommageExterneInterne
Exemples couvertsIncendie, dégât des eaux, tempête, grêle, vol, foudre, chute d'objetErreur de conduite, court-circuit, surtension, corps étranger, défaut de matière, rupture, explosion interne
Panne mécanique ou électrique❌ Non couverte✅ Couverte
Perte d'exploitation associéeIncluse si dommage matériel garantiExtension à souscrire séparément
Base d'indemnisationSelon contratValeur à neuf ou valeur d'usage : clause à négocier

Une moissonneuse dont le moteur casse en pleine récolte, un compresseur qui grille, un automate détruit par une surtension, un centre d'usinage endommagé par une erreur de programmation : aucun de ces sinistres ne relève de la multirisque. Ils sont tous d'origine interne.

⚠️ C'est un malentendu coûteux sur les dossiers industriels et agricoles. L'entreprise déclare son sinistre, l'expert conclut à une cause interne, et le dossier est classé sans indemnisation.

Quels équipements sont concernés ?

Le bris de machines s'applique à tout matériel dont la défaillance interne représente un risque financier significatif :

  • Machines de production : lignes de conditionnement, presses, tours et centres d'usinage, machines à commande numérique, équipements de découpe.
  • Matériel agricole automoteur : moissonneuses-batteuses, ensileuses, tracteurs de forte puissance, pulvérisateurs automoteurs. Sur ces engins, un sinistre moteur ou transmission se compte facilement en dizaines de milliers d'euros.
  • Engins de chantier et de manutention : pelles, chariots élévateurs, nacelles, grues.
  • Utilités et équipements techniques : groupes froid, compresseurs, chaudières industrielles, groupes électrogènes, ascenseurs.
  • Informatique et électronique : serveurs, automates, systèmes de supervision, matériel de mesure et de contrôle, équipements médicaux.
  • Énergies renouvelables : onduleurs, transformateurs, éoliennes, centrales photovoltaïques. Voir nos pages assurance photovoltaïque et assurance de parc éolien.

L'avis du courtier

« Le grand angle mort chez la plupart des industriels, ce sont les utilités périphériques, plus que les machines de process que le directeur d'usine connaît par cœur. En tête de liste, le transformateur électrique HTA/BT et le TGBT (tableau général basse tension), suivis de près par les compresseurs d'air et les groupes froid. »

Romann Cabral-Vieira, courtier en assurances, fondateur de CV Courtage & Conseil

Quelles clauses font la valeur du contrat ?

  1. Valeur à neuf ou valeur d'usage. C'est la clause qui pèse le plus. En valeur d'usage, une machine de dix ans est indemnisée après application d'une vétusté qui rend le remplacement impossible. Recherchez une valeur à neuf, ou à défaut une vétusté plafonnée, par exemple à 25 ou 30 %.
  2. La perte d'exploitation consécutive. Sans cette extension, l'immobilisation n'est pas indemnisée. C'est pourtant elle qui coûte le plus cher sur une machine critique.
  3. Les frais supplémentaires. Location d'un matériel de remplacement, transport express d'une pièce, intervention en heures non ouvrées, recours à un sous-traitant : ces postes doivent être couverts, avec une enveloppe suffisante.
  4. La franchise. Souvent exprimée en pourcentage de la valeur du matériel, avec un minimum. Sur un équipement de forte valeur, une franchise de 5 % peut représenter plusieurs milliers d'euros et rendre la garantie inopérante sur les sinistres courants.
  5. Les exclusions d'entretien. La plupart des contrats excluent les dommages résultant d'un défaut d'entretien manifeste ou du non-respect des préconisations du constructeur. Un carnet d'entretien tenu à jour est votre premier argument dans une discussion en expertise.

Qu'est-ce qui reste toujours exclu ?

Trois catégories restent exclues quel que soit le contrat : l'usure normale et le vieillissement progressif, qui sont des phénomènes certains ; les opérations d'entretien courant, réglages et remplacements programmés ; et les pièces d'usure prises isolément (courroies, filtres, garnitures) sauf lorsqu'elles sont endommagées à l'occasion d'un sinistre garanti touchant l'ensemble.

À noter également : la garantie constructeur et le bris de machines ne se recouvrent pas complètement. La garantie constructeur couvre le vice de fabrication pendant une période limitée ; le bris de machines couvre l'accident d'exploitation, y compris quand il résulte d'une erreur humaine.

Quels chiffres l'assureur demande-t-il ?

Un questionnaire bris de machines tient en quelques pages. Tout se joue sur quatre nombres.

ChiffreCe qu'il mesureErreur fréquente
1. Valeur à neuf du parcLa somme des valeurs de remplacement à neuf de chaque machine, aujourd'huiDéclarer la valeur comptable ou le prix d'achat
2. Marge brute annuelleLes produits de l'activité moins les charges qui disparaissent avec l'arrêt (matières, sous-traitance, transports)Reprendre la marge brute comptable
3. Pourcentage de contrôleLa part du chiffre d'affaires qui s'arrêterait si les machines assurées s'arrêtaientNe pas le calculer, ou le fixer à 100 % par défaut
4. Période d'indemnisationLe délai de retour au niveau d'activité antérieur, délai de livraison de la machine comprisRetenir le seul délai de réparation

La valeur à neuf. À titre d'exemple : une presse achetée 80 000 € en 2016 et facturée 130 000 € neuve aujourd'hui se déclare à 130 000 €. Sous-déclarer expose à la règle proportionnelle de capitaux (art. L. 121-5 du Code des assurances) : assuré pour la moitié de la valeur réelle, vous êtes indemnisé de la moitié du sinistre, même partiel.

Le pourcentage de contrôle. Une imprimerie dont toute la production passe par deux presses est proche de 100 %. Un atelier où la machine assurée n'est qu'une ligne parmi six peut être à 20 %. Ce pourcentage multiplie la marge brute pour donner le capital à garantir en perte d'exploitation : une erreur sur ce chiffre fausse toute la garantie.

Au parc ou en inventaire ? La formule au parc retient un capital global : elle convient à un ensemble homogène de machines de valeurs proches et dispense de tenir un inventaire. La formule en inventaire liste chaque machine avec sa date de mise en service et sa valeur : plus fine sur un parc hétérogène, elle oblige à déclarer les entrées et sorties.

Comment évaluer si la garantie est rentable ?

La méthode est simple et se fait en trois questions. Combien coûterait le remplacement à neuf de votre machine la plus critique ? Combien de jours d'arrêt entraînerait sa défaillance, en tenant compte du délai d'approvisionnement de la pièce ? Quelle marge perdez-vous par jour d'arrêt ?

Le produit de ces deux derniers chiffres, ajouté au coût de remise en état, donne l'exposition réelle. Rapportée à une prime annuelle qui représente généralement un faible pourcentage de la valeur assurée, la décision se prend d'elle-même sur les équipements sans lesquels l'activité s'arrête.

💡 Sur une exploitation agricole ou une PME industrielle, notre premier réflexe, à l'étude d'un dossier, consiste à identifier les deux ou trois équipements dont l'arrêt bloque toute la chaîne, puis à vérifier qu'ils sont couverts en bris de machines avec perte d'exploitation consécutive. Le reste du parc peut souvent rester en garantie standard.

Sources

  • Code des assurances, articles L. 121-1 (principe indemnitaire) et L. 121-5 (règle proportionnelle) (Légifrance). Vérifié le 21/10/2026.
  • Les autres risques techniques sont présentés sur notre page risques techniques.

Par Romann Cabral-Vieira, courtier ORIAS 26000465, fondateur de CV Courtage & Conseil · parcours · Mis à jour le 21/10/2026. Article d'information générale : il ne remplace pas l'étude de votre situation.