Réponse courte. L'installateur de panneaux photovoltaïques relève de la décennale quand son travail constitue un ouvrage ou touche au clos et au couvert, en particulier en intégration au bâti. Des panneaux posés en surimposition, au seul service d'une production d'électricité professionnelle, peuvent être exclus de la décennale (art. 1792-7 du Code civil). Dans tous les cas, l'activité photovoltaïque doit figurer sur l'attestation.

Intégration ou surimposition : pourquoi la différence compte

La décennale vise les dommages qui compromettent la solidité d'un ouvrage ou le rendent impropre à sa destination. Pour les panneaux photovoltaïques, les juges regardent surtout s'ils participent au clos et au couvert du bâtiment.

SituationCe que retient la jurisprudenceDécennale
Panneaux intégrés au bâti, qui assurent la fonction de couvertureIls font partie de la couverture du bâtimentEn principe oui
Panneaux en surimposition, au seul service d'une activité professionnelle de production d'électricitéArticle 1792-7 du Code civil : les éléments dont la fonction exclusive est de permettre une activité professionnelle ne sont pas des éléments d'équipement de l'ouvrage (Cass. 3e civ., 25 septembre 2025, n° 23-22.955 ; 19 février 2026, n° 24-10.702)En principe non
Infiltrations causées par les fixations ou l'étanchéité de la toitureC'est la couverture elle-même qui est atteintePossible
Équipement ajouté sur un bâtiment existant, sans travaux d'une certaine ampleurRetour à la responsabilité contractuelle de droit commun (Cass. 3e civ., 21 mars 2024)En principe non

Devant le juge administratif, pour les bâtiments publics, le raisonnement diffère : l'article 1792-7 n'y est pas appliqué, et le juge regarde si les panneaux sont dissociables et si leurs défauts rendent le bâtiment impropre à sa destination (Landot & associés, 2026). Les deux approches aboutissent souvent au même résultat, mais chaque dossier dépend de la technique employée.

Ce que l'assureur demande à l'installateur

  • Une activité photovoltaïque listée sur le contrat. Une décennale « couverture » ou « électricité » ne couvre pas d'office la pose de panneaux : voir notre article la définition de votre activité est votre premier risque.
  • La technique de pose : surimposition sur bac acier, sur tuiles ou ardoises, intégration au bâti, film associé à une étanchéité. L'intégration et les procédés sans avis technique relèvent souvent des techniques non courantes, qui demandent un accord de l'assureur.
  • Les qualifications de l'entreprise pour le photovoltaïque, que beaucoup d'assureurs et de clients demandent (CAPEB, 2024).
  • La puissance installée et la part du photovoltaïque dans le chiffre d'affaires.
  • La conformité de l'installation, attestée par le CONSUEL pour le raccordement.

L'avis du courtier

« Sur le photovoltaïque, les assureurs sont particulièrement rigides et souscrivent cette activité avec beaucoup de prudence. Il faut montrer de l'expérience, si possible une antériorité d'assurance et, dans le meilleur des cas, des certifications. »

Romann Cabral-Vieira, courtier en assurances, fondateur de CV Courtage & Conseil

Les risques qui restent hors décennale

  • L'incendie qui se propage au bâtiment ou au voisin relève de la responsabilité civile de l'installateur.
  • La perte de production d'électricité du client n'est pas un dommage décennal : elle relève de son propre contrat.
  • La panne d'un onduleur ou d'un module relève de la garantie du fabricant et, pour le propriétaire, d'une assurance des dommages ou bris de machines.
  • Les dommages pendant le chantier relèvent de l'entreprise et d'une éventuelle tous risques chantier.

Le propriétaire de l'installation a ses propres questions d'assurance (éligibilité, maintenance, vol, perte de revenus) : voir notre page assurance photovoltaïque.

Cet article donne une information générale. Le conseil sur votre situation suppose l'analyse de vos conditions particulières, de vos activités et de vos chantiers.

Sources